Les micromodules Yokis permettent de câbler un va-et-vient sans tirer de fil supplémentaire entre deux points de commande. Le principe repose sur un récepteur radio placé au niveau de la charge et un ou plusieurs émetteurs muraux alimentés par pile. Cette architecture simplifie la pose, mais elle introduit un paramètre souvent sous-estimé : le courant de veille du micromodule, qui traverse en permanence le circuit d’éclairage, même lorsque la commande est sur « éteint ».
Avec des ampoules halogènes ou incandescentes, ce courant résiduel passe inaperçu. Avec des LED de faible puissance, il suffit à provoquer un clignotement, une lueur fantôme ou un scintillement perceptible. Le problème ne vient ni de l’ampoule ni du module pris isolément, mais de leur interaction électrique.
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Courant de fuite Yokis et LED : pourquoi le clignotement apparaît
Un micromodule Yokis (type MTR500 ou MTR2000) maintient un faible courant de fuite dans le circuit pour alimenter son électronique interne. Sur une charge résistive classique, ce courant est absorbé sans effet visible.
Les ampoules LED fonctionnent différemment. Leur driver interne convertit le courant alternatif en courant continu. Lorsque le courant de fuite atteint le seuil d’amorçage du driver, celui-ci tente de démarrer, échoue, puis recommence. Le résultat visible : la LED clignote ou reste faiblement allumée même en position éteint.
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Ce phénomène s’aggrave dans deux cas précis :
- La puissance totale des LED raccordées est très basse (quelques watts seulement), ce qui laisse le courant de fuite proportionnellement trop élevé par rapport à la charge
- Le câblage entre le module et les luminaires est long, ce qui augmente la capacité parasite de la ligne et amplifie le courant résiduel circulant
- Les ampoules LED utilisées sont de premier prix, avec un driver simplifié dépourvu de filtrage interne

Module de charge et condensateur antiparasite pour micromodule Yokis
La solution la plus fiable consiste à placer un condensateur ou module de charge en parallèle sur le circuit d’éclairage. Ce composant absorbe le courant de fuite du micromodule et empêche le driver LED de s’amorcer de façon intempestive.
Le condensateur se câble directement aux bornes de la sortie du récepteur Yokis, en parallèle avec les ampoules. Yokis mentionne dans son mémento radio l’usage de ce type d’accessoire pour supprimer les clignotements et l’allumage résiduel des LED, en particulier sur les montages va-et-vient radio avec de longues lignes.
Choix du condensateur adapté
Un condensateur de type X2, prévu pour fonctionner sur le secteur, est le composant standard pour cet usage. Sa valeur se situe généralement dans une plage de quelques centaines de nanofarads. Un modèle inadapté (mauvaise classe d’isolation ou valeur trop faible) ne résoudra rien.
Certains fabricants de LED proposent aussi des modules antiparasite prêts à l’emploi, sous forme de petits boîtiers à visser dans le luminaire ou à placer dans la boîte de dérivation. Le résultat est identique : dévier le courant résiduel pour que la LED reste éteinte.
Puissance minimale LED sur un circuit Yokis va-et-vient
Le catalogue Yokis indique des plages de puissance distinctes pour les charges LED et pour les charges halogènes. Cette distinction est à prendre au sérieux. Un circuit prévu pour piloter plusieurs centaines de watts en halogène peut dysfonctionner avec une poignée de watts en LED.
Le réflexe à adopter : vérifier sur la fiche technique du récepteur la puissance minimale acceptée en charge LED. Si la puissance totale de vos ampoules est inférieure à ce seuil, le module ne « voit » pas assez de charge pour fonctionner correctement. L’ajout du condensateur en parallèle compense cette insuffisance en simulant une charge résistive complémentaire.
Associer le bon nombre de spots LED
Plutôt que d’installer un seul spot LED de quelques watts sur un circuit piloté par un micromodule Yokis, regrouper plusieurs points lumineux sur la même sortie augmente la charge totale. Cela réduit la proportion relative du courant de fuite et limite les risques de clignotement sans ajouter de composant.
Multiplier les points lumineux sur un même circuit Yokis réduit le risque de parasite tout en améliorant la répartition de l’éclairage dans la pièce.

Variateur Yokis et LED dimmables : compatibilité réelle
Le télévariateur Yokis (MTV500E ou équivalent) permet de moduler l’intensité lumineuse. Sur le papier, il suffit de brancher des ampoules LED étiquetées « dimmables » pour obtenir une variation fluide. En pratique, les retours terrain montrent une réalité plus nuancée.
Plusieurs utilisateurs signalent que certaines LED dimmables clignotent ou scintillent à faible intensité avec un variateur Yokis, même lorsque la puissance totale respecte la plage annoncée. Le problème vient de la technologie de variation utilisée (découpage de phase) et de la compatibilité du driver LED avec ce type de signal.
Sélection des ampoules LED compatibles
Toutes les LED « dimmables » ne sont pas compatibles avec tous les variateurs. Le terme « dimmable » sur l’emballage signifie que l’ampoule accepte une variation, mais pas nécessairement avec un variateur à découpage de phase en mode trailing edge ou leading edge.
- Tester un lot d’ampoules avant d’équiper la totalité du circuit permet d’éviter un achat inutile
- Privilégier des marques qui publient des listes de compatibilité avec les variateurs du marché
- Éviter de mélanger des ampoules LED de marques ou modèles différents sur un même circuit variateur, car leurs drivers réagissent différemment au signal de découpage
Câblage va-et-vient Yokis radio : vérifications avant installation
Le montage radio Yokis se compose d’un récepteur (micromodule encastré près de la charge ou dans le tableau) et d’émetteurs muraux sans fil. L’appairage entre émetteur et récepteur se fait par une séquence d’impulsions décrite dans le mémento radio Yokis.
Avant de diagnostiquer un problème de clignotement LED, vérifier que le récepteur est bien positionné au plus près des luminaires, et non à l’autre bout du circuit. Un récepteur éloigné allonge la ligne et augmente les capacités parasites, ce qui aggrave les courants de fuite.
Si le clignotement persiste après ajout d’un condensateur et vérification de la puissance minimale, le remplacement des ampoules par un modèle à driver mieux filtré reste l’option la plus directe. Le problème se situe rarement dans le module Yokis lui-même, mais dans l’inadéquation entre le courant résiduel du circuit et la sensibilité du driver LED embarqué dans l’ampoule.

